Saturday, May 14, 2016

"Dead Drops" in Mézel, France

Mon installation "Dead Drop Mézel" est la première dead drop dans les Alpes de Haute-Provence, et la 9ième sur PACA. 

Crée par Aram Bartholl, artiste alors en résidence à New York City à l'institut EYEBEAM en 2010, les « dead drops » ("boite aux lettres morte") sont une façon complètement anonyme de partager des fichiers, dans l'espace public. Le terme provient du monde des « agents secrets » qui décrivent ainsi une cache partagée par deux agents afin d'échanger des informations, sous forme de microfilms par exemple. De 5 clefs USB (le support de mémoire pour les fichiers) au départ de son initiative, il en existe maintenant environ 1 700 de part le monde.
 
Dans mon travail, qui veut à présent explorer les frontières entre espace numérique et espace du réel, cette installation s'interroge sur le profil « privé » et l'idée, naturelle, de partage. Un profil privé est un oxymore, extension de nos vies en société, car créer un profil revient à vouloir se montrer, en restreindre son partage c'est se cacher et savoir que les autres font de même. Dans le monde d'internet, partager du « virtuel » est un assaut de la notion de propriété : création des « licences libres » (creative commons), qui permettent à tout à chacun de donner aux autres les fruits de son travail . Finalement, le profil privé doit trouver des voies d'émancipation de la surveillance (espionnage) des entreprises et des gouvernements – saviez-vous que toutes vos informations facebook, celles transitant via google etc. sont observées par le gouvernement américain ? Que la législation française de protection de la vie privée ne s'applique pas ? Pendant combien de temps encore internet sera-t-il un espace libre, bulle d'oxygène dans un monde de plus en plus brun ?

Les « dead drops » illustrent un îlot fragile de liberté et d'échange, un crieur virtuel, loin des regards ; le « privé » est devenu anonyme ou collectif ou au bon vouloir de l'utilisateur de la cache, et la clef, un espace de partage sans flicage, une actualisation physique de « dropBox » et autres plate-formes de partage. La boite de Mézel est ouverte aux quatre vents : qui participera, échangera ou découvrira ce que la boite de Mézel contient?

 
 

For the "Art de Mai" initiative (art in May, sponsored by the local authorities of the Alpes de Haute Provence), I installed a "dead drop" in Mézel.

A "dead drop" is an espionnage (spy) term: a hidden place where operatives can swap files, such as microfilms. The idea was adapted by Aram Bartholl in 2010 for this peculiar peer-to-peer sharing. The whole story: